Pourquoi je danse ? par El Cheminot

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Pourquoi je danse ? par El Cheminot

Pourquoi je danse ?

Dit comme cela, la question paraît anodine. Plus j’y pense, au lieu d’une réponse simple, j’ai de plus en plus de questions. Je dirais : « Parce que ça me plaît ! ». Est-ce suffisant ? Que nenni. 

Si tu veux bien mon ami lecteur, j’aimerais inaugurer avec toi, cette nouvelle catégorie d’articles : « Pourquoi je danse ? ». Je me lance le premier, parce que, bien entendu, c’est plus facile. On reproche toujours moins au premier qu’aux suivants. Essayons tout de même d’être synthétique.

Mon premier argument est paradoxal. En effet, la danse me remplit et me vide en même temps. Elle me remplit de bien-être et de joie, et me vide des sentiments négatifs qui nous viennent à longueur de journée. Tu te souviens sûrement, des textes imposés de notre enfance à l’école. Les fleurs du mal te rappellent quelque chose ?

« Ici, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté »

C’est pourquoi, s’en passer durant de longues périodes revient à chaque fois à quitter le placenta. Ne te méprends pas mon ami. Il y a aussi des soirées médiocres de temps en temps. Souvent même.
Tu te rappelles de l’article « La Salsa : une activité lucrative ? ». Et bien les soirées médiocres découlent des mêmes personnes. En effet, même si comme toi, j’ai une grande tolérance, certaines soirées me font horreur… Non pas que l’organisation de soirées soit mon métier. Mais en quoi se targuer de réunir un petit nombre de personnes de niveau moyen, voir médiocre, et s’auto féliciter (« On aime trop danser entre nous »), fait de ces personnes les dépositaires d’ambiance authentique ? C’est tout au plus pathétique. Si la Salsa, c’est du partage, alors il faut essayer d’être le plus nombreux possible. Un point c’est tout.

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Henri Matisse – Luxe, Calme et Volupté
 

Tu attends lecteur, des détails croustillants ? Tu as raison. Je me livre pour toi, cela ne me dérange pas.
Devos disait : « La danse est l’expression verticale d’un désir horizontal ». C’est en effet plus que vrai. Enlever la part libidinale de la Salsa est d’une grande hypocrisie. Elle existe et elle est là. Mais est-ce problématique pour autant ?
Encore une fois, certains éléments de réponse nous viendront de la poésie, cette fois-ci par le biais de Verlaine :

« Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, qui m’aime et me comprend »

Ces quelques vers résument tout. Dans la Salsa, cette dimension est présente. Omniprésente. Est-elle malsaine pour autant ? Je n’en ai pas la réponse. Mais je sais que, quelque part, cela me pousse à danser.
Beaucoup, d’ailleurs, ont trouvé leur moitié à la Salsa. D’autres l’ont trouvée ailleurs, et pour cela, ont arrêté la Salsa. Certains autres, comme moi, ont trouvé des perles rares. Mais ceux que le destin a réunis, se trouvent parfois déchirés par ces sentiments, fléaux de l’humanité, que sont la colère, l’amertume et la jalousie.
N’as-tu jamais toi-même ressenti l’alchimie parfaite avec ton ou ta partenaire ? Alors oui, avec certaines personnes, la danse prend une dimension stratosphérique. Comment cela marche ? Est-ce lié à la chimie ? A l’aura dégagé par certaines personnes, je ne sais pas non plus… Toujours plus de questions, et aucune réponse probante à t’apporter.

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Pablo Picasso – La Danse
 

Jusque là, lecteur, tu te dis que finalement, il n’y a que du bon dans la Salsa… On y évacue le stress, on se remplit d’énergie positive, on peut y trouver potentiellement l’homme ou la femme de sa vie.
Mais il y a une part d’ombre : c’est la dépendance. En effet, beaucoup de gens prennent des cours de danse, mais quelques-uns deviennent drogués. Tu ne me crois pas ? Allons voir ce que nous propose comme définition Le Larousse : «drogue : substance naturelle ou synthétique, qui conduit au désir de continuer à la consommer pour retrouver la sensation de bien-être qu’elle procure ».
Si tu me comprends, c’est que tu en es. Lorsque tu es dans une autre ville, à la recherche de la soirée que tu as cherchée et trouvée sur google ou facebook, à l’approche du lieu, quand tu entends au loin les premiers sons de la clave, des papillons commencent à bouger dans ton ventre, un peu comme lors des premiers rendez-vous amoureux.
Si tu doutes encore, c’est que le virus ne t’a pas encore atteint en profondeur. La Salsa, c’est une drogue douce et apaisante. Elle te donne confiance en toi et te rend fort et heureux. Comme dans toute drogue, il y a le revers de la médaille. Malheureusement, j’en connais qui s’y sont abîmé. Certains ont perdu leur travail. D’autres leur gentillesse et leur candeur d’antan. Un petit nombre a même perdu son honneur.
Je ne leur jette pas la pierre. Moi-même, cela m’a changé. En bien ou mal ? Je n’en sais rien. L’avenir nous le dira.

En fin de compte, je sais de moins en moins pourquoi je danse… Et peut-être que cela m’aide tout simplement à exister.

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Renoir – Danse à Bougival
 

Pour terminer la boucle scolaire, remplaçons simplement le fameux « cogito, ergo sum » (je pense donc je suis) de Descartes par « ego saltare ergo sum » (je danse donc je suis).
Ami lecteur, donne-moi ton avis. N’hésite pas à prendre parti. Il n’y a aucune bonne réponse et chacun a des raisons différentes de danser. Tu as les tiennes et j’aimerais les connaître à mon tour. Je te laisse la place, la plume et le clavier.
Soumets-moi ton article à contact@salsaloca.fr, je me ferai un plaisir de le publier.

Siavach

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